Block, Coinbase, Dune, Kraken et Gemini ont annoncé des plans sociaux depuis janvier 2026. L’intelligence artificielle est citée comme moteur principal, devant la baisse du marché. Le volume dépasse déjà celui du krach de 2022, selon BFM Crypto.
Points clés – Plus de 5 000 suppressions de postes recensées dans le secteur crypto depuis le début de l’année 2026, un volume supérieur au cycle baissier de 2022. – Block Inc, fondée par Jack Dorsey, supprime 40 % de ses effectifs ; Coinbase ampute 14 % de ses équipes, soit près de 700 personnes. – Bitcoin perd 38 % depuis son pic historique de 126 000 $, accentuant la pression sur les marges des plateformes.
Plans sociaux en cascade chez les majors
Block Inc, le groupe fondé par Jack Dorsey, l’un des co-fondateurs de Twitter, a annoncé fin février 2026 la suppression de 40 % de ses effectifs. La décision, rapportée par BFM Crypto, vise à recentrer le périmètre du groupe sur ses activités cœur.
Coinbase a, de son côté, annoncé la suppression de 14 % de ses effectifs, soit près de 700 salariés. La plateforme américaine cotée au Nasdaq invoque un repositionnement opérationnel autour des outils d’automatisation.
Dune, spécialisée dans l’analyse on-chain, taille dans ses équipes à hauteur de 25 % de l’effectif, soit environ 40 personnes sur 150 employés. Kraken s’apprête à supprimer 5 % de ses postes, environ 150 personnes. Gemini avait préalablement annoncé le licenciement de 10 % de ses salariés, soit près de 100 personnes.
Une vague plus lourde que le krach de 2022
Le cumul dépasse 5 000 suppressions depuis janvier 2026, selon les chiffres compilés par BFM Crypto. Le précédent point de comparaison reste la déroute de 2022, déclenchée par la chute de Terra-Luna et la faillite de FTX. Coinbase avait alors licencié 18 % de ses salariés sur la période.
Le contexte de marché pèse. Bitcoin a perdu 38 % de sa valeur depuis son pic historique à 126 000 $, comprimant les revenus de trading des plateformes spot. La baisse réduit mécaniquement les volumes et les commissions, principaux relais de chiffre d’affaires des exchanges centralisés.
Différence notable avec 2022 : l’IA est explicitement citée comme accélérateur. Les directions évoquent « une nouvelle façon de travailler » permise par les outils d’automatisation, qui réduisent les délais sur les tâches techniques et back-office.
Argumentaire économique et lecture sociale
La justification financière est assumée. La direction d’une des plateformes concernées explique vouloir « réduire nos dépenses totales et accélérer sensiblement notre retour à la rentabilité, même dans le contexte actuel du marché des cryptomonnaies », selon les déclarations rapportées par BFM Crypto.
La grille de lecture sociale est plus contestée. Plusieurs observateurs syndicaux décrivent l’IA comme « un prétexte pour faire des plans sociaux », pointant un alignement de calendrier entre baisse du marché et déploiement de l’argument technologique.
Le déséquilibre géographique reste marqué. « Les licenciements aux États-Unis sont plus faciles qu’en Europe. Les coûts de restructuration y sont nettement plus bas », souligne un analyste cité par BFM Crypto. Un autre estime que « la facilité de licencier dans la tech est l’une des raisons de l’afflux des investisseurs pour financer l’innovation. Les licenciements de Coinbase sont le signe qu’ils ont l’agilité qu’il faut pour l’innovation et qu’ils ont le financement. »
Ce que ça change pour le secteur
À court terme, la contraction des effectifs allège la structure de coûts des plateformes, condition de survie en marché baissier. À moyen terme, la concentration des capacités d’ingénierie et de compliance autour d’équipes plus restreintes, épaulées par l’IA, redéfinit les standards de productivité du secteur.
Pour les profils techniques (smart contracts, sécurité, data on-chain), le marché reste actif mais plus exigeant. Les fonctions support et marketing apparaissent les plus vulnérables aux arbitrages.
FAQ
Pourquoi l’IA est-elle citée comme cause principale ?
Les directions évoquent l’automatisation des tâches techniques, back-office et support client. Plusieurs missions auparavant assurées en plusieurs semaines sont désormais bouclées en quelques jours. Des voix critiques y voient toutefois un argument commode pour habiller des plans sociaux liés à la conjoncture du marché crypto.
Le secteur crypto est-il plus exposé qu’en 2022 ?
Le volume cumulé de 5 000 suppressions depuis janvier 2026 dépasse les vagues de la crise post-FTX, selon BFM Crypto. La différence tient à la combinaison de deux facteurs simultanés : la chute de Bitcoin de 38 % depuis son pic à 126 000 $, et l’industrialisation des outils d’IA dans les workflows internes des plateformes.
À suivre
Prochaine échéance scrutée : les publications trimestrielles de Coinbase et Block Inc, qui détailleront l’effet réel des plans sur les marges. À surveiller également, les annonces des plateformes européennes, jusqu’ici moins touchées en raison du cadre social local. Voir aussi notre suivi du marché Bitcoin post-pic.
