Un stablecoin euro est un crypto-actif conçu pour valoir un euro, émis par une entreprise privée et adossé à des réserves. Au 4 novembre 2026, selon CoinGecko, l’EURC de Circle et l’EURCV de SG-Forge dominent ce marché de 827 millions de dollars. MiCA impose un émetteur agréé et un remboursement à la valeur nominale, sans supprimer le risque de perte.
- Qu’est-ce qu’un stablecoin euro ?
- Qui émet les principaux stablecoins en euro ?
- L’EURC est-il vraiment remboursable à un euro ?
- En quoi l’EURCV de Société Générale se distingue-t-il ?
- Que change MiCA pour un stablecoin en euro ?
- Quelle différence entre un stablecoin euro et l’euro numérique ?
- À quoi sert un stablecoin euro ?
- Quels sont les risques et comment les vérifier ?
- Questions fréquentes
Qu’est-ce qu’un stablecoin euro ?
Un stablecoin euro est un crypto-actif conçu pour valoir un euro, grâce à des réserves libellées en euros et à une promesse de remboursement. Il circule sur une blockchain, mais il ne vise pas à prendre de la valeur.
Dans l’Union européenne, les jetons conformes à MiCA relèvent d’une catégorie précise : le jeton de monnaie électronique (EMT, pour e-money token). Ce crypto-actif référence une seule monnaie officielle. Le détenir revient à détenir une créance sur son émetteur : ce n’est ni un billet, ni un dépôt bancaire.
Le marché reste étroit face au dollar. En avril 2025, BFM comparait les stablecoins euro et dollar : 505 millions de dollars d’un côté, 230 milliards de l’autre. Les règles bougent aussi côté américain, comme le montre le vote du Stablecoin Transparency Act au Sénat.
Qui émet les principaux stablecoins en euro ?
Deux émetteurs dominent : Circle avec l’EURC et SG-Forge, filiale de Société Générale, avec l’EURCV. Au 4 novembre 2026, le classement des stablecoins euro de CoinGecko affiche 827 millions de dollars de capitalisation totale. L’EURC en représente environ 62 %, l’EURCV près de 24 %.
| Jeton | Émetteur | Statut annoncé | Réseaux | Capitalisation et volume sur 24 h (CoinGecko) |
|---|---|---|---|---|
| EURC | Circle Internet Financial Europe SAS | Établissement de monnaie électronique agréé par l’ACPR, EMT sous MiCA, d’après la FAQ officielle de Circle | Arc, Avalanche, Base, Cronos, Ethereum, Plasma, Solana, Stellar, World Chain | ≈ 510 M$ et ≈ 40,9 M$ |
| EURCV | Societe Generale-FORGE | Établissement de monnaie électronique agréé par l’ACPR, EMT, selon SG-Forge (juillet 2024) | Ethereum à cette date ; réseaux actuels à vérifier auprès de SG-Forge | ≈ 195 M$ et ≈ 34,8 M$ |
| EURI | Banking Circle (Luxembourg), selon la fiche EURI de la plateforme Meria | Conformité MiCA affirmée par Meria, qui distribue le jeton ; à confirmer auprès de l’émetteur | Ethereum, BNB Smart Chain | ≈ 36,7 M$ et ≈ 3,8 M$ |
| EURe | Monerium | À vérifier auprès de l’émetteur | À vérifier auprès de l’émetteur | ≈ 29,8 M$ et ≈ 2,1 M$, hors ancienne version du jeton |
Le cours d’environ 1,12 $ affiché pour l’EURC n’a rien d’anormal : CoinGecko exprime ses prix en dollars, pas en euros.
Figurer dans ce classement ne vaut pas label. CoinGecko y affiche 4,13 $ pour Royal Euro (REUR), environ 0,07 $ pour StablR Euro (EURR) et moins de 0,05 $ pour Euro Tether (EURT). Le site n’explique pas ces écarts avec la majorité des jetons, cotés entre 1,10 et 1,15 $. Prudence, donc, tant que l’émetteur ne les justifie pas.
D’autres acteurs préparent leur arrivée. D’après mind Fintech, en juin 2026, le réseau italien Bancomat développe un stablecoin euro avec un consortium de neuf banques nationales. Le même média signale que le Trésor, l’AMF, la Banque de France et l’ACPR ont publié leur réponse commune sur la révision de MiCA.
L’EURC est-il vraiment remboursable à un euro ?
Oui sur le principe : Circle présente l’EURC comme remboursable à valeur égale contre l’euro et adossé à 100 % à des actifs en euros. Cet engagement vient de l’émetteur, et ses modalités varient selon votre profil.
- Réserves : la fiche française de l’EURC indique qu’elles sont conservées par des institutions financières. Une note précise que les liquidités se trouvent dans des établissements américains.
- Contrôle : Circle publie la composition des réserves et des attestations mensuelles, menées par un cabinet du Big Four. Une attestation vérifie des informations à une date donnée ; elle n’équivaut pas à un audit complet des comptes.
- Faillite : Circle qualifie ses réserves de bankruptcy remote, un terme désignant des actifs structurés pour rester à l’écart d’une faillite de l’émetteur.
- Taux : Circle affirme assumer le risque de taux d’intérêt sur ces réserves.
Le remboursement direct passe par Circle Mint, un service sans frais supplémentaires pour lequel les entreprises déposent une demande. Sur sa page USDC, Circle indique que Mint n’est pas accessible aux particuliers. En pratique, un particulier passe donc par une plateforme, avec ses propres frais.
Un détail peut prêter à confusion : l’ancien nom Euro Coin et l’ancien symbole EUROC restent parfois affichés. Circle précise que les adresses de jeton ne changent pas et qu’aucun jeton distinct n’est créé.
Une différence existe aussi entre les deux versions de la FAQ de Circle. La française parle encore d’une demande de licence en cours, tandis que l’anglaise annonce l’agrément obtenu. La version anglaise, la plus précise, concorde avec la mention d’agrément reprise en note sur les deux versions.
En quoi l’EURCV de Société Générale se distingue-t-il ?
L’EURCV se distingue par son émetteur, une filiale régulée d’un groupe bancaire français, et par son origine institutionnelle. Selon le communiqué de SG-Forge de juillet 2024, le jeton a été lancé en avril 2023 sur Ethereum, d’abord pour les clients institutionnels de Société Générale.
Le jeton a été restructuré à compter du 1er juillet 2024. SG-Forge annonçait alors la conformité à MiCA et une libre transférabilité, sans liste blanche d’adresses. L’entreprise rappelait aussi avoir obtenu en juillet 2023 le premier agrément de PSAN (prestataire de services sur actifs numériques) délivré par l’AMF.
Ces informations datent de 2024. Pour les réseaux pris en charge et l’état des réserves aujourd’hui, reportez-vous au livre blanc MiCA et aux publications de SG-Forge.
Que change MiCA pour un stablecoin en euro ?
MiCA impose qu’un stablecoin en euro soit émis par un établissement agréé, avec un droit au remboursement et des fonds protégés. SG-Forge rappelait en 2024 que ce règlement européen s’applique depuis le 30 juin 2024 aux émissions et offres de stablecoins dans l’Union.
- Émetteur agréé : il doit être un établissement de crédit ou un établissement de monnaie électronique. En France, cet agrément relève de l’ACPR.
- Livre blanc : l’émetteur publie un document décrivant le jeton, les droits des détenteurs et les risques.
- Remboursement : le détenteur peut demander à tout moment le remboursement à la valeur nominale.
- Réserves : les fonds reçus sont protégés et placés dans des actifs sûrs et peu risqués, distincts des actifs propres de l’émetteur.
- Pas d’intérêts : ni l’émetteur ni les prestataires ne peuvent verser d’intérêts liés à la durée de détention.
MiCA réduit certains risques sans les supprimer. Le jeton ne bénéficie pas de la garantie des dépôts bancaires. Son cours peut s’écarter d’un euro sur le marché. Et un piratage de votre portefeuille reste hors du champ de l’agrément de l’émetteur.
L’agrément de l’émetteur ne dit rien non plus de la plateforme. Celle-ci relève d’un statut distinct, le CASP (prestataire de services sur crypto-actifs). Notre comparatif MiCA des plateformes en France détaille les critères à examiner.
Quelle différence entre un stablecoin euro et l’euro numérique ?
La différence tient à l’émetteur : un stablecoin euro vient d’une entreprise privée, l’euro numérique serait émis par la banque centrale. Circle pose une distinction comparable dans sa FAQ sur l’USDC et les monnaies de banque centrale.
| Critère | Stablecoin euro | Euro numérique |
|---|---|---|
| Émetteur | Entreprise privée agréée | Banque centrale européenne et Eurosystème |
| Nature | Créance sur l’émetteur | Monnaie de banque centrale |
| Au 4 novembre 2026 | Déjà en circulation | Projet, pas encore émis |
| Principal point de vigilance | Solidité de l’émetteur, réserves, plateforme, blockchain | Calendrier et modalités du projet |
Le calendrier et le fonctionnement du projet européen sont traités dans notre article sur l’euro numérique et ce qu’il changera pour vous.
À quoi sert un stablecoin euro ?
Un stablecoin euro sert surtout à déplacer ou à conserver une valeur en euros sur une blockchain, sans passer par le dollar. Ses usages concrets varient selon le profil du détenteur.
- Attendre entre deux opérations : Meria décrit une poche de liquidité conservée en portefeuille, à l’abri de la volatilité des autres cryptomonnaies.
- Éviter la conversion euro-dollar : un Européen détenant de l’USDT ou de l’USDC est exposé au taux de change, ce qu’un jeton en euro évite.
- Régler des paiements transfrontaliers : SG-Forge met en avant ce débouché pour ses clients entreprises et institutions financières.
- Accéder à la finance décentralisée : SG-Forge cite aussi la DeFi parmi les usages visés par l’EURCV.
La logique de change a déjà joué sur le marché. BFM rapportait qu’en avril 2025, sur fond de guerre commerciale, la capitalisation de l’EURC avait bondi de 46 % en un mois. Elle était passée de 127 à 186 millions d’euros. Ce constat passé ne dit rien de l’avenir et ne constitue pas un conseil.
Quant au rendement, MiCA interdit aux émetteurs et aux prestataires de verser des intérêts sur ces jetons. Une rémunération proposée ailleurs, notamment en DeFi, repose sur un autre mécanisme et comporte un risque de perte en capital.
Quels sont les risques et comment les vérifier ?
Un stablecoin euro peut faire perdre de l’argent, même s’il est émis dans un cadre réglementé. Six risques méritent votre attention :
- Perte de parité : le jeton peut temporairement se négocier sous un euro, surtout en période de tension.
- Émetteur et réserves : la valeur dépend de la qualité des actifs et des établissements qui les conservent.
- Liquidité : CoinGecko affiche pour l’EURS moins de 800 $ de volume sur 24 h, pour environ 6,7 M$ de capitalisation. Revendre un montant important peut y coûter cher.
- Plateforme : frais, incident ou gel des retraits relèvent de l’intermédiaire, pas de l’émetteur.
- Technique : une faille de contrat ou de pont entre blockchains peut toucher les jetons.
- Conservation : une phrase de récupération perdue ou un lien de hameçonnage peut rendre la perte définitive.
Cinq vérifications limitent ces risques avant toute opération :
- Identifiez l’émetteur et lisez le livre blanc du jeton.
- Contrôlez les statuts : le registre REGAFI pour l’établissement de monnaie électronique, le registre de l’AMF pour la plateforme.
- Vérifiez l’adresse du contrat sur le site de l’émetteur. Pour l’EURCV sur Ethereum, SG-Forge publiait
0x5F7827FDeb7c20b443265Fc2F40845B715385Ff2. - Confirmez le réseau avant tout transfert, car un même jeton existe sur plusieurs blockchains.
- Calculez le coût de sortie réel auprès de votre plateforme, car la parité théorique ne couvre pas ses frais.
Circle cite Bitstamp, Coinbase, Ripio, Uniswap et Jupiter Exchange parmi les services prenant en charge l’EURC. Ce n’est pas une liste de prestataires autorisés en France : vérifiez le statut de chacun sur le registre de l’AMF.
Si vous conservez vous-même vos jetons, notre article sur la sauvegarde, la 2FA et la sécurité de vos cryptos détaille les bons réflexes. Notre comparatif de portefeuilles Ledger et Trezor aide à choisir un support. Tout achat de crypto-actifs comporte un risque de perte en capital. Ce contenu ne constitue pas un conseil en investissement.
Questions fréquentes
Qu’est-ce que l’EURC ?
L’EURC est le stablecoin adossé à l’euro de Circle, autrefois appelé Euro Coin (EUROC). Il est émis par Circle Internet Financial Europe SAS, établissement de monnaie électronique agréé par l’ACPR, et se présente comme remboursable à valeur égale contre l’euro. Comme tout crypto-actif, il comporte un risque de perte.
Quelle est la différence entre EURC et EURCV ?
L’EURC est émis par la filiale française de l’américain Circle, l’EURCV par SG-Forge, filiale de Société Générale. Tous deux sont annoncés par leurs émetteurs comme des jetons de monnaie électronique conformes à MiCA. Ils diffèrent par leur capitalisation, leurs réseaux et leur organisation des réserves.
Les stablecoins en euro sont-ils légaux en France ?
Oui, à condition que l’émetteur respecte MiCA, ce qui suppose notamment un agrément d’établissement de crédit ou de monnaie électronique. Le statut de chaque émetteur se vérifie sur le registre REGAFI. Celui de la plateforme utilisée se vérifie séparément sur le registre de l’AMF.
Un stablecoin euro rapporte-t-il des intérêts ?
Non, MiCA interdit aux émetteurs et aux prestataires de crypto-actifs de verser des intérêts liés à la durée de détention de ces jetons. Toute rémunération proposée par un tiers, par exemple en finance décentralisée, repose sur un autre mécanisme. Elle comporte un risque de perte en capital.
Peut-on perdre de l’argent avec un stablecoin euro ?
Oui. Le cours peut s’écarter d’un euro, l’émetteur ou la plateforme peuvent connaître des difficultés, et un piratage ou une clé perdue peut rendre la perte définitive. Un stablecoin euro n’est pas un dépôt bancaire et ne bénéficie pas de la garantie des dépôts.
Le stablecoin euro est-il la même chose que l’euro numérique ?
Non. Un stablecoin euro est émis par une entreprise privée et existe déjà, tandis que l’euro numérique est un projet de monnaie de banque centrale porté par la BCE. Le premier est une créance sur son émetteur, le second serait une monnaie de banque centrale.
Sources consultées et vérifiées le 4 novembre 2026. Une erreur ? Écrivez-nous via la page contact.
