Le gérant d’actifs Invesco, plus de 2 500 milliards de dollars sous gestion, dépose un dossier auprès de la SEC. Le véhicule vise des liquidités et des bons du Trésor américain destinés à adosser les réserves de stablecoins, monnaies stables indexées sur une devise.
Points clés – Invesco a déposé ce mercredi auprès de la SEC un fonds tokenisé ciblant les réserves de stablecoins, selon CoinDesk. – Le marché des stablecoins pourrait atteindre 4 000 milliards $ d’ici 2030, contre environ 300 milliards $ aujourd’hui, d’après Citigroup. – Invesco rejoint BlackRock, State Street et ProShares dans la course à la gestion de ces réserves.
Invesco entre dans les réserves tokenisées
Invesco a déposé ce mercredi 24 juin 2026 un dossier d’enregistrement auprès de la Securities and Exchange Commission (SEC). Le gérant, qui revendique plus de 2 500 milliards de dollars d’actifs sous gestion, cible le segment des réserves de stablecoins. La firme franchit une étape supplémentaire dans sa stratégie blockchain, après une première opération menée plus tôt cette année.
Le véhicule et son fonctionnement
Le fonds investirait dans des liquidités et des bons du Trésor américain à court terme. Ces actifs servent de garantie aux émetteurs de stablecoins, qui doivent adosser chaque token à une réserve équivalente en dollars ou en titres souverains.
L’initiative s’appuie sur l’infrastructure de Superstate. Plus tôt cette année, Invesco a repris la gestion d’un fonds tokenisé de bons du Trésor d’environ 900 millions de dollars opéré par Superstate. La firme devient ainsi le premier gérant tiers à utiliser la plateforme blockchain FundOS de Superstate.
Le modèle repose sur la tokenisation, soit l’émission de parts du fonds sous forme de jetons sur une blockchain publique. Cette mécanique permet un registre actionnarial tenu directement on-chain, c’est-à-dire enregistré sur la chaîne plutôt que dans une base de données fermée. Le réseau retenu n’est pas communiqué à ce stade.
Contexte du marché des stablecoins
Le marché des stablecoins représente aujourd’hui environ 300 milliards de dollars. Citigroup projette qu’il pourrait grimper jusqu’à 4 000 milliards de dollars d’ici 2030, soit un facteur supérieur à dix. Chaque token en circulation devant être adossé à des réserves, ce gisement attire les gérants d’actifs en quête de mandats stables et récurrents.
La concurrence se densifie. Invesco affronte BlackRock, State Street et ProShares sur ce même créneau. Pour ces maisons, gérer des réserves de stablecoins prolonge un métier connu — la gestion monétaire — vers un format on-chain. Le mouvement s’inscrit dans la tokenisation des actifs réels (RWA), qui rapproche titres traditionnels et blockchain. Côté dérivés, les volumes des contrats perpétuels adossés aux RWA ont progressé de 10,4 % à contre-courant du marché, atteignant un record.
Analyse rapide
Le dépôt confirme la bascule des grands gérants vers des produits monétaires tokenisés. Pour Invesco, l’opération capitalise sur l’acquis Superstate et transforme une expérience de 900 millions de dollars en offre dédiée aux émetteurs de stablecoins. La taille du gisement visé — jusqu’à 4 000 milliards de dollars selon Citigroup — explique l’empressement institutionnel.
Reste l’incertitude réglementaire : le dossier demeure en instruction à la SEC, et le réseau blockchain n’est pas précisé. Le calendrier d’approbation conditionne le lancement effectif.
FAQ
Qu’est-ce que le fonds tokenisé d’Invesco ?
C’est un véhicule destiné à investir dans des liquidités et des bons du Trésor américain à court terme. Ses parts seraient émises sous forme de jetons sur une blockchain publique. L’objectif : fournir aux émetteurs de stablecoins des réserves de qualité, tracées on-chain. Le dossier reste en cours d’examen à la SEC.
Quel est le rôle de Superstate ?
Superstate fournit l’infrastructure blockchain du fonds via sa plateforme FundOS. Invesco gère déjà un fonds Superstate de quelque 900 millions de dollars. Le dispositif permet de tenir le registre des parts directement sur la chaîne, sans base de données fermée intermédiaire.
À suivre
Prochaine échéance : la décision de la SEC sur l’enregistrement, dont le délai n’est pas communiqué. À surveiller aussi, le choix du réseau blockchain et les réactions de BlackRock et State Street. Pour le contexte sectoriel, voir la réglementation MiCA des stablecoins.
