Le consortium Qivalis revendique désormais 37 membres dans 15 pays européens après l’arrivée de nouvelles institutions, selon Cointelegraph. La structure prépare son jeton libellé en monnaie unique pour le deuxième trimestre 2026. Les actifs dollar concentrent encore 98 % du segment, d’après CoinGecko.
Points clés – Qivalis enrôle 25 nouvelles institutions financières dans 15 pays, portant le consortium à 37 membres au total. – ABN AMRO, Rabobank, Nordea et Intesa Sanpaolo figurent parmi les nouveaux entrants bancaires. – Lancement visé au deuxième trimestre 2026, dans un marché où les stablecoins dollar pèsent 98 % selon CoinGecko.
L’opération en chiffres
Qivalis a confirmé ce mercredi 20 mai 2026 l’arrivée de 25 banques supplémentaires dans son consortium, selon Cointelegraph. Le tour de table accueille ABN AMRO, Rabobank, Nordea et Intesa Sanpaolo, parmi d’autres acteurs opérant dans 15 pays européens. La structure revendique 37 membres au total après cette extension. Le lancement du jeton est calé sur le deuxième trimestre 2026, sous le régime du règlement européen MiCA (Markets in Crypto-Assets), texte qui encadre l’émission de jetons référencés à des actifs dans l’Union.
Une réponse à l’hégémonie du dollar
Les stablecoins libellés en dollar — Tether (USDT) et USD Coin (USDC) en tête — représentent 98 % de la capitalisation du segment, selon CoinGecko. Cette domination inquiète les autorités européennes, soucieuses de préserver la souveraineté monétaire de la zone euro et l’application de leurs propres règles de protection des données.
Le règlement MiCA, entré pleinement en vigueur fin 2024, impose aux émetteurs des obligations de réserve, d’audit et de transparence. Qivalis se positionne dans cette fenêtre réglementaire pour proposer une alternative aux émetteurs américains, dans le sillage d’initiatives bancaires comme EURCV de Société Générale-Forge ou EURI porté par Banking Circle.
L’objectif affiché : capter les flux de paiement institutionnels et le règlement on-chain dans une devise euro native, sans dépendre des contreparties américaines.
Stratégie bancaire et positionnement
La déclaration officielle de Qivalis insiste sur la dimension réglementaire. « We are not merely building payment rails ; we are ensuring that European principles around data protection, financial stability and regulatory rigour are embedded into the next generation of digital money », précise le consortium dans son communiqué relayé par Cointelegraph.
Le projet s’appuie sur un modèle bancaire collaboratif. Chaque institution membre contribue aux réserves et participe à la gouvernance. Cette architecture distribue le risque d’émission et facilite l’adoption auprès des trésoreries d’entreprise habituées à traiter avec leurs banques de proximité.
Côté infrastructure, Qivalis n’a pas encore détaillé les blockchains supportées. Les concurrents directs opèrent principalement sur Ethereum, Polygon et Solana, avec des passerelles vers les réseaux interbancaires traditionnels. Le choix technique conditionnera la liquidité du jeton et son intégration aux protocoles DeFi (finance décentralisée) européens.
Le calendrier indique un déploiement au deuxième trimestre 2026, sous réserve de l’agrément final des autorités nationales — chaque banque membre opère sous sa juridiction propre. Le périmètre de 15 pays couvre la majorité des grands hubs financiers de l’Union, dont les Pays-Bas, la Finlande et l’Italie.
Ce que change cette extension
L’élargissement du consortium accroît la légitimité du futur jeton auprès des trésoreries d’entreprise. La présence de noms comme ABN AMRO ou Intesa Sanpaolo signale qu’un canal bancaire conventionnel peut désormais accéder à un stablecoin euro sans intermédiaire crypto-natif.
L’enjeu reste la liquidité au lancement. Sans pool profond ni paires de trading actives, un jeton réglementé peine à attirer les volumes spéculatifs et les flux DeFi. Les précédents EURCV et EURI affichent des capitalisations encore marginales face aux stablecoins dollar dominants. La trajectoire de Qivalis dépendra autant de son adoption commerciale que de son intégration aux protocoles existants.
FAQ
Qu’est-ce qu’un stablecoin euro ?
Un stablecoin euro est un jeton numérique adossé à la monnaie unique européenne, généralement à parité 1:1. Il vise à offrir les avantages techniques d’une cryptomonnaie — règlement quasi instantané, programmabilité — sans exposer ses utilisateurs européens au taux de change dollar/euro.
Qui pourra utiliser le jeton Qivalis ?
Au lancement, le stablecoin Qivalis ciblera prioritairement les clients institutionnels des 37 banques membres : trésoreries, fonds, plateformes de règlement. L’ouverture au grand public dépendra des relais commerciaux développés par chaque banque dans sa juridiction nationale.
À suivre
Prochaine échéance : la confirmation des blockchains supportées et la publication du livre blanc MiCA, attendus avant le lancement au deuxième trimestre 2026. À surveiller également : l’évolution des stablecoins euro concurrents face à la régulation MiCA appliquée aux émetteurs et les volumes d’adoption institutionnelle dans la zone euro.
