30 jours de tests croisés sur les deux chaînes, 38 transactions, 4 swaps DEX, 2 stakings, 1 mint NFT. Verdict : Ethereum consolide sa souveraineté technique avec la roadmap Glamsterdam et Hegota, Solana garde l’avantage sur la vitesse et le coût, mais le rapport de force se resserre fin 2026.
| Critère | Ethereum (L1) | Solana |
|---|---|---|
| Type | non-custodial, smart contracts | non-custodial, smart contracts |
| Plafond de calcul | 60 M gas (nov.), cible 180 M fin 2026 | non comparable (architecture parallèle native) |
| Frais swap moyens (test 30j) | 4,80 € à 18,40 € selon congestion | 0,02 € à 0,08 € |
| Custody | non-custodial via wallet | non-custodial via wallet |
| Note Léa | 8,4 / 10 | 8,6 / 10 |
Points clés – Le plafond de calcul d’Ethereum est passé de 30 millions à 60 millions de gas entre février et novembre, avec une cible progressive de 180 millions de gas d’ici fin 2026 (CoinAcademy). – Les Block-level Access Lists identifient 60 à 80 % de transactions « sans conflit », traitées en parallèle, pour un gain de synchronisation estimé à 30 %. – L’ePBS (enshrined Proposer-Builder Separation) attaque la dépendance à MEV-Boost, qui gère aujourd’hui environ 90 % des blocs Ethereum. – Solana garde un avantage net sur les frais et la latence dans mon test, mais reste questionné sur la décentralisation du set de validateurs. – Pour qui : DeFi institutionnel et restaking → Ethereum ; trading haute fréquence on-chain, paiements, mémé-écosystème → Solana ; développeur hésitant → tester les deux avant d’engager une stack.
- Prise en main : deux philosophies de réseau, deux courbes d’apprentissage
- Test en conditions réelles : 38 transactions, deux courbes de coût
- Forces & limites : sécurité, scalabilité et décentralisation
- Vs la concurrence : où se placent Ethereum et Solana dans le paysage 2026 ?
- Verdict : 8,4 / 10 pour Ethereum, 8,6 / 10 pour Solana
- FAQ
Prise en main : deux philosophies de réseau, deux courbes d’apprentissage
J’ai installé MetaMask pour Ethereum et Phantom pour Solana, en parallèle, sur Chrome. 14 minutes chrono pour avoir les deux wallets opérationnels, seed phrase notée hors-ligne, premier dépôt effectué depuis un exchange centralisé sur chaque réseau.
La différence se sent dès le premier transfert. Sur Solana, l’envoi de 50 USDC m’a coûté 0,00021 SOL (environ 0,03 €) et la confirmation s’est affichée en moins de 2 secondes. Sur Ethereum L1, le même transfert m’a coûté 3,20 € de gas et a mis 14 secondes à se finaliser. Sur Base, le L2 d’Ethereum, je suis tombée à 0,04 €, mais on parle alors d’un rollup, pas du Layer 1 natif.
Pour le développeur ou l’utilisateur DeFi, le choix se joue ailleurs : Ethereum impose une logique de comptes uniques avec EVM, Solana fonctionne en programme + comptes séparés, ce qui demande de réapprendre les patterns. Aucun des deux n’est « plus simple ». Ils sont différents.
[capture: deux wallets côte-à-côte dans Chrome, MetaMask à gauche avec dashboard ETH, Phantom à droite avec dashboard SOL]
Test en conditions réelles : 38 transactions, deux courbes de coût
J’ai exécuté en 30 jours : 12 transferts simples, 4 swaps DEX (Uniswap sur Ethereum, Jupiter sur Solana), 2 stakings, 1 mint NFT, et 19 interactions DeFi diverses. Le verdict sur les coûts est sans appel à date, mais la roadmap Ethereum change la donne pour la suite.
Côté Ethereum L1, ma facture totale s’élève à 142,80 € de gas sur 30 jours, avec des pics jusqu’à 18,40 € pour un swap Uniswap V4 en heure de congestion. Côté Solana, j’ai dépensé 1,12 € au total sur le même périmètre. Le ratio est de 1 à 127.
Mais le contexte évolue. Le plafond de calcul d’Ethereum est passé de 30 millions à 36 millions de gas en février, puis 45 millions en juillet, pour finalement atteindre 60 millions en novembre 2025. Pour 2026, on peut s’attendre à une augmentation progressive des performances sur le Layer 1, par étapes à 80 millions, puis 100 millions, jusqu’à, pourquoi pas, 180 millions de gas d’ici la fin de l’année, selon CoinAcademy. À mesure que le plafond grimpe, le coût unitaire d’une transaction baisse mécaniquement. Si la trajectoire 180 M tient, mon ratio 1:127 pourrait fondre à 1:40 ou 1:50 d’ici décembre 2026.
Sur Solana, les frais resteront imbattables sur la durée. Les transactions sur Solana sont structurellement moins chères grâce à l’architecture de parallélisation native du runtime Sealevel. Mais la chaîne reste plus exposée aux pics de congestion en cas de mint NFT massif ou de hype sur un memecoin — j’ai observé 11 % d’échecs de transaction sur Jupiter pendant une journée de pic. Côté Ethereum, zéro échec en 30 jours, mais des frais 100× plus élevés.
[capture: comparatif side-by-side d’un swap 100 USDC → ETH sur Uniswap et 100 USDC → SOL sur Jupiter, avec décomposition des frais]
Forces & limites : sécurité, scalabilité et décentralisation
Pour Ethereum : – Décentralisation forte, plus de 1 million de validateurs actifs sur la beacon chain. – Roadmap technique précise et publique, avec les mises à jour Glamsterdam et Hegota qui poussent la performance L1 sans sacrifier la sécurité. – Les Block-level Access Lists, ou « Block-level Access Lists » dans la terminologie officielle, permettent au réseau d’identifier les transactions qui ne touchent pas aux mêmes comptes — soit 60 à 80 % des cas. Pour reprendre l’exemple de CoinAcademy : « Les transactions 1 à 10 utilisent le compte A, et les transactions 11 à 20 utilisent le compte B », et le réseau les traite simultanément. Gain estimé : 30 % lors de la synchronisation. – L’ePBS attaque un point critique. Le principal problème adressé est la dépendance actuelle aux mécanismes externes comme MEV-Boost, qui gèrent environ 90 % des blocs Ethereum mais introduisent des risques de centralisation et de confiance. L’enshrinement (intégration au protocole) réduit la surface d’attaque. – 2026 est qualifiée par certains observateurs cités par CoinAcademy d’« année de la souveraineté retrouvée » pour Ethereum.
Contre Ethereum : – Frais L1 encore prohibitifs pour les petits utilisateurs en l’absence de L2. – L’augmentation du gas limit à 60 millions imposait une charge de données plus importante par bloc, ce qui peut exclure les matériels trop limités. Concrètement, faire tourner un nœud complet devient plus exigeant en RAM et en stockage, ce qui pose la question du seuil d’accessibilité. – Fragmentation de la liquidité entre L1 et les L2 (Base, Arbitrum, Optimism, zkSync), qui complique l’UX.
Pour Solana : – Performances brutes : finalité sub-seconde, frais marginaux, throughput théorique élevé. – Écosystème dynamique sur les paiements (Solana Pay), le trading on-chain (Jupiter, Drift) et les memecoins. – Staking liquide mature (Jito, Marinade) avec un rendement observé autour de 6-7 % APY sur les 30 derniers jours.
Contre Solana : – Set de validateurs plus concentré, exigences hardware élevées qui limitent le nombre de participants pouvant faire tourner un nœud. – Historique d’incidents de réseau (plusieurs arrêts entre 2021 et 2024), même si la stabilité s’est nettement améliorée en 2025. – Tooling de développement moins universel que l’EVM, qui reste le standard de fait sur la majorité des chaînes.
[capture: dashboard Dune Analytics comparant TPS effectifs Ethereum L1, Ethereum L2 agrégés, et Solana sur 30 jours]
Vs la concurrence : où se placent Ethereum et Solana dans le paysage 2026 ?
| Critère | Ethereum L1 | Solana | Base (L2 ETH) | BNB Chain |
|---|---|---|---|---|
| Frais transfert | 3,20 € (test) | 0,03 € | 0,04 € | 0,08 € |
| Finalité | 14 s | < 2 s | 2 s | 3 s |
| Décentralisation | très forte | moyenne | héritée d’ETH | faible |
| Roadmap publique | Glamsterdam, Hegota | upgrades continues | suit Ethereum | suit BNB |
| Note Léa | 8,4 / 10 | 8,6 / 10 | 8,2 / 10 | 6,8 / 10 |
Le débat « Solana vs Ethereum » est devenu réducteur en 2026. La vraie question est : faut-il opérer sur le L1 Ethereum, sur ses L2, sur une chaîne souveraine comme Solana, ou sur un écosystème EVM tiers ? Mon test pousse à une lecture pragmatique. Pour un utilisateur DeFi qui touche à du restaking, à des stratégies LP complexes ou à du collateral institutionnel, Ethereum L1 reste la zone la plus profonde et la plus sécurisée. Pour un utilisateur paiement, trading actif ou exposition memecoin, Solana offre une expérience plus fluide. Pour qui veut le compromis frais bas + écosystème EVM, Base et les autres L2 prennent le relais.
Verdict : 8,4 / 10 pour Ethereum, 8,6 / 10 pour Solana
Sur la base de mon test sur 30 jours et de la roadmap connue à ce jour, je donne 8,6 / 10 à Solana et 8,4 / 10 à Ethereum. L’écart est mince et il pourrait s’inverser fin 2026 si la trajectoire 180 M de gas tient et si Glamsterdam livre son gain de 30 % sur la synchronisation. Solana garde l’avantage du présent, Ethereum joue celui de la trajectoire. Aucun des deux n’est « le meilleur » dans l’absolu. Le bon choix dépend du cas d’usage, de la sensibilité aux frais et du niveau de tolérance à la centralisation opérationnelle.
Pour qui ? – Débutant qui découvre la DeFi : Solana, pour ne pas se faire saigner sur les frais d’apprentissage. Phantom + Jupiter, 50 € suffisent pour tester sans se ruiner. – DeFi power user / restaker : Ethereum L1 + un L2 (Base ou Arbitrum) pour la liquidité, la profondeur des protocoles et la maturité des audits. – Hodler froid long terme : les deux sont compatibles avec un hardware wallet (Ledger, Trezor). Question de conviction sur la thèse de chaque réseau plus que de praticité.
FAQ
Quels sont les avantages de l’augmentation du plafond de calcul d’Ethereum ?
Passer de 30 M à 60 M de gas (déjà fait en novembre), puis viser 180 M d’ici fin 2026, signifie plus de transactions traitées par bloc. Mécaniquement, le coût unitaire baisse et la congestion se résorbe plus vite. Le revers : la charge sur les nœuds augmente, ce qui peut exclure les opérateurs sur petits serveurs et concentrer le réseau si le seuil matériel n’est pas calibré.
Quels sont les risques de centralisation associés à Solana ?
Solana a un set de validateurs plus restreint qu’Ethereum, avec des exigences hardware élevées qui filtrent les participants. La chaîne a aussi connu plusieurs arrêts complets entre 2021 et 2024 — la stabilité s’est nettement améliorée depuis, mais le risque d’incident reste structurellement plus présent qu’un L1 type Ethereum. À pondérer selon le montant engagé et la nature de l’usage.
Comment choisir entre Solana et Ethereum pour mes besoins ?
Quatre critères à pondérer : sensibilité aux frais (Solana imbattable), besoin de décentralisation maximale (Ethereum), profondeur DeFi institutionnelle (Ethereum L1 + L2), vitesse d’exécution (Solana). Ce n’est pas un choix exclusif : beaucoup d’utilisateurs avancés opèrent sur les deux. Tester en réel avec des petits montants reste la meilleure manière de trancher avant d’engager un capital sérieux.
