Points clés
- Fusaka (déployé le 3 décembre 2025) + BPO2 (7 janvier 2026) portent Ethereum à 21 blobs max par bloc
- PeerDAS permet à chaque nœud de ne stocker que 1/8e des données, ouvrant la voie à un scale-up 8x
- Les frais des rollups (Arbitrum, Base, Optimism) ont baissé de 60 % depuis le déploiement
- Prochaine étape : BPO3 et BPO4 visent 128 blobs par bloc
- Glamsterdam (fin 2026) promet de réduire le temps de bloc de 50 %
La mise à jour qui a changé l’économie Ethereum
Le 3 décembre 2025, Ethereum a activé Fusaka — sa mise à jour la plus ambitieuse avec 11 EIP (Ethereum Improvement Proposals) embarquées. Mais l’impact réel ne s’est fait sentir qu’avec les extensions BPO (Blob Parameter Optimization) de décembre et janvier, selon Consensys. Quatre mois après, le bilan est sans appel : les frais des Layer 2 ont chuté de 60 %, et l’écosystème rollup a absorbé cette capacité supplémentaire en quelques semaines.
La thèse : Ethereum comme couche de règlement ultime
Fusaka concrétise la vision d’Ethereum comme couche de disponibilité de données et de règlement, tandis que les rollups gèrent l’exécution. Ce modèle « modulaire » transforme ETH d’un réseau généraliste en une infrastructure spécialisée — et les blobs sont la pièce maîtresse de cette transformation.
PeerDAS : le mécanisme qui change tout
L’innovation centrale de Fusaka est PeerDAS (Peer Data Availability Sampling). Avant cette mise à jour, chaque nœud Ethereum devait télécharger et stocker l’intégralité des données blob. Avec PeerDAS, chaque nœud ne conserve que 1/8e des données — le reste est distribué et vérifiable mathématiquement, selon Fidelity Digital Assets.
Cette approche permet un scale-up théorique de 8x sans augmenter les exigences hardware des nœuds. En pratique, le déploiement est progressif :
- Fusaka (3 décembre 2025) : cible 6 blobs, max 9
- BPO1 (17 décembre 2025) : cible 10 blobs, max 15
- BPO2 (7 janvier 2026) : cible 14 blobs, max 21
- BPO3/BPO4 (à venir) : objectif 128 blobs par bloc
Impact terrain : les frais L2 en chute libre
Les conséquences sont immédiates pour les utilisateurs des Layer 2. Sur Arbitrum, le coût moyen d’un swap DEX est passé de 0,15 $ à 0,06 $. Sur Base (Coinbase), les transactions simples coûtent désormais moins de 0,01 $. Optimism affiche des baisses similaires, selon Unchained.
Cette baisse de 60 % des frais change l’équation économique des rollups. Les cas d’usage sensibles au coût — micropaiements, gaming, social on-chain — deviennent viables. La TVL combinée des L2 Ethereum a dépassé 45 milliards de dollars en mars 2026, en hausse de 35 % depuis Fusaka.
Cependant, une conséquence inattendue est la baisse des revenus de la chaîne principale. Les frais de base Ethereum ont diminué, réduisant le taux de burn d’ETH et alimentant le débat sur la soutenabilité du modèle économique d’Ethereum à long terme.
Les stakers aussi y gagnent
Fusaka inclut l’EIP-7251 qui relève le plafond de balance effective des validateurs de 32 ETH à 2 048 ETH. Les grands stakers (institutions, fournisseurs de staking) peuvent désormais consolider leurs validateurs, réduisant les coûts opérationnels et la complexité. L’Ethereum Foundation elle-même a déposé 22 517 ETH en une seule transaction — son plus gros stake — signalant sa confiance dans le nouveau mécanisme.
Perspectives contradictoires
L’optimisme. Fusaka positionne Ethereum pour absorber la prochaine vague d’adoption : des milliards de transactions quotidiennes via les rollups, à des coûts négligeables. Si BPO3/BPO4 atteignent 128 blobs, la capacité de données d’Ethereum rivalisera avec des blockchains spécialisées comme Celestia.
Le scepticisme. La baisse des revenus de la chaîne principale pose un problème de valorisation. Si Ethereum génère moins de frais, la pression déflationniste sur l’ETH diminue, ce qui pourrait peser sur le prix. De plus, des L2 comme Base bénéficient de la performance d’Ethereum sans que les détenteurs d’ETH en capturent pleinement la valeur.
La concurrence. Solana Alpenglow (finalité 150 ms), Polygon Gigagas (100 000 TPS), et même les L2 alternatives (MegaETH, Eclipse) développent des approches concurrentes. La fenêtre d’avantage compétitif d’Ethereum n’est pas illimitée.
Et maintenant ?
L’étape suivante est Glamsterdam, attendue fin 2026. Cette mise à jour regroupera environ 25 EIP et vise à réduire le temps de bloc Ethereum de 50 %. Si Fusaka a résolu le problème du coût, Glamsterdam s’attaquera à la vitesse — le dernier frein majeur par rapport aux blockchains monolithiques. Les core developers collectent actuellement les données de BPO1 et BPO2 pour calibrer les paramètres de BPO3.
FAQ
Qu’est-ce qu’un blob exactement ?
Un blob (Binary Large Object) est un paquet de données temporaire attaché à un bloc Ethereum. Les rollups y stockent leurs données de transactions. Contrairement aux données classiques d’Ethereum, les blobs sont éphémères (supprimés après ~18 jours), ce qui réduit considérablement les coûts de stockage.
Faut-il mettre à jour son wallet ou ses dApps ?
Non. Fusaka et les BPO sont des mises à jour du protocole de base, transparentes pour les utilisateurs finaux. Les wallets, bridges et dApps continuent de fonctionner normalement.
Ethereum est-il encore déflationniste après Fusaka ?
C’est variable. Avec la baisse des frais de base, le taux de burn quotidien d’ETH a diminué. Certaines journées sont désormais inflationnistes nettes (plus d’ETH émis via le staking que brûlé via les frais). Le caractère déflationniste dépend du niveau d’activité on-chain et du prix du gas.
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