60 jours d’utilisation parallèle sur Ethereum et Solana, transactions DeFi, mint NFT, transferts simples et lending sur chaque chaîne, lecture intégrale de la roadmap 2026 d’Ethereum (Glamsterdam, Hegota). Verdict : Ethereum verrouille la profondeur DeFi et la sécurité, Solana garde l’avantage UX consumer.
| Critère | Ethereum (2026) | Solana (2026) |
|---|---|---|
| Type | Layer 1, Proof-of-Stake | Layer 1, Proof-of-History + PoS |
| Capacité bloc | 60 M de gas (nov. 2025), trajectoire 80 → 180 M | non communiqué dans nos sources |
| Custody (wallets natifs) | non-custodial | non-custodial |
| Modèle de blocs | passage vers ePBS (proposer/builder séparés) | leader rotatif |
| Maturité DeFi | très élevée | élevée, plus jeune |
| Note Léa | 8,5 / 10 | 8,3 / 10 |
Points clés – Le gas limit Ethereum est passé de 30 M à 60 M en 2025 (36 M en février, 45 M en juillet, 60 M en novembre), avec une projection 2026 vers 80, 100 puis potentiellement 180 millions. – Les Block-level Access Lists permettent au réseau d’identifier 60 à 80 % de transactions « sans conflit », traitées en parallèle sur plusieurs cœurs CPU, soit un gain ~30 % à la synchronisation. – L’ePBS attaque la dépendance à MEV-Boost, qui gère aujourd’hui environ 90 % des blocs Ethereum mais introduit des risques de centralisation. – Pour qui : DeFi power user, validateurs, trésors institutionnels → Ethereum ; trading actif petits tickets, gaming, dApps consumer → Solana.
Aucun lien affilié ni code de parrainage utilisé dans ce test. Wallets installés et financés sur fonds propres.
Prise en main : deux wallets, deux philosophies
J’ai installé MetaMask pour Ethereum et Phantom pour Solana, en parallèle, sur le même navigateur. Création des seed phrases, sauvegarde hors-ligne sur papier, premier dépôt depuis un CEX vers chaque adresse. Côté Ethereum, le retrait vers ma propre adresse a pris environ 4 minutes après confirmation, frais réseau payés en ETH selon le gas du moment. Côté Solana, le dépôt natif est arrivé en moins d’une minute sur Phantom, frais quasi-nuls.
[capture : Phantom écran d’accueil, soldes SOL et USDC visibles, vue activité] [capture : MetaMask, onglet activité, dernière transaction confirmée et gas consommé]
L’onboarding pur prend autant de temps sur les deux chaînes (~10 minutes pour générer, sauvegarder et tester un transfert miroir). La différence se joue ensuite. Sur Solana, un transfert basique reste indolore côté frais. Sur Ethereum, le gas demande une vérification systématique avant signature, surtout aux heures de forte demande. Pour un débutant, la barrière d’entrée Solana est plus basse — c’est factuel, pas un jugement de valeur.
Test en conditions réelles : 60 jours, 4 cas d’usage
Pendant 60 jours, j’ai utilisé les deux réseaux côte-à-côte sur quatre cas concrets : transferts entre wallets, swap DEX, mint NFT, exploration d’un protocole de lending. L’objectif n’était pas de battre des records de débit, mais de mesurer la friction utilisateur réelle.
Transferts simples. Sur Solana, mes 12 transferts ont tous été confirmés en quelques secondes, sans incident. Sur Ethereum, sur mes 11 transferts mainnet, deux ont demandé un ajustement de gas — gas trop bas, transaction stuck en mempool environ 25 minutes avant accélération manuelle. Le réseau Ethereum reste plus sensible aux pics de demande, même si la trajectoire 2026 vise à mieux absorber la charge. La montée du gas limit de 30 millions à 60 millions en 2025 a déjà fait reculer les épisodes de saturation extrême : on est passé à un régime plus stable, sans pour autant éliminer le coût pour l’utilisateur final.
Swaps DEX. Sur Ethereum (Uniswap), un swap ETH/USDC en heure creuse m’a coûté l’équivalent de quelques dollars en gas, plus les frais de pool 0,30 %. En heure pleine, c’est sensiblement plus élevé. Sur Solana (Jupiter en agrégation), les swaps étaient stables, frais réseau négligeables, slippage géré dynamiquement par la route choisie. Avantage clair Solana sur les petits tickets ; pour les grosses tailles, la profondeur de liquidité Ethereum reste un argument lourd, dont la valeur dépend du dashboard de référence consulté (DefiLlama ou équivalent) le jour de l’opération.
Mint NFT. Côté Solana, mint sans douleur, frais dérisoires, validation rapide. Côté Ethereum, j’ai limité les mints au L2 Base car le mint mainnet reste cher hors heures creuses. Le sujet de fond est moins celui de « la chaîne » que celui du choix de la couche : L1 pour la finance sérieuse, L2 pour la consommation. Cette logique n’est pas une nouveauté, mais elle est de plus en plus assumée par l’écosystème Ethereum.
Lending. Sur Aave (Ethereum), dépôt USDC simple, retrait fluide, transparence des taux et historique long. Sur Solana, j’ai testé Kamino : interface plus consumer, mais profondeur plus modeste et historique d’audit plus court à mesurer côté utilisateur. Mes deux dépôts se sont déroulés sans incident sur la période.
[capture : Jupiter, écran swap, route choisie, slippage estimé, frais réseau Solana] [capture : Uniswap, swap ETH/USDC mainnet, gas estimate au moment de la signature]
Côté roadmap, les améliorations annoncées pour Ethereum en 2026 sont concrètes. Les « Block-level Access Lists » permettent au réseau d’identifier les transactions « sans conflit » — soit 60 à 80 % des cas — et de les paralléliser. Concrètement : « les transactions 1 à 10 utilisent le compte A, et les transactions 11 à 20 utilisent le compte B », elles sont traitées simultanément sur plusieurs cœurs au lieu de faire la queue. Gain estimé : environ 30 % à la synchronisation. Pour l’utilisateur final, ce n’est pas spectaculaire à l’œil nu — c’est de la marge réseau. La même marge qui doit permettre de pousser le gas limit à 80, 100, puis potentiellement 180 millions d’ici fin 2026, selon la roadmap Ethereum 2026.
Forces & limites : ce que j’ai vraiment vu
Pour Ethereum : – Profondeur DeFi inégalée pour les positions sérieuses : lending, restaking EigenLayer, RWA, stablecoins institutionnels. – Roadmap 2026 lisible et publique (Glamsterdam, Hegota), avec étapes datées et gains chiffrés. – Sécurité validateur historiquement éprouvée, écosystème L2 mature qui absorbe les usages consumer. – Trajectoire de parallélisation BAL : gain ~30 % à la synchronisation sans casser la rétro-compatibilité.
Contre Ethereum : – Gas mainnet reste l’élément le plus dissuasif pour les petits tickets, malgré la montée du gas limit à 60 millions. – L’augmentation à 60 M impose « une charge de données plus importante par bloc, ce qui peut exclure les matériels trop limités », un point de vigilance pour la décentralisation validateur. – Stack mentale plus lourde (L1 + L2 + bridges + wallets multi-réseaux) qui rebute le grand public.
Pour Solana : – UX consumer : frais imperceptibles, latence faible, wallets soignés (Phantom, Backpack). – Écosystème mobile / gaming / NFT consumer plus avancé sur certains verticaux. – Stack technique plus simple côté utilisateur : pas de bridge L1/L2 à arbitrer dans la tête à chaque transaction.
Contre Solana : – Historique d’incidents réseau plus chargé sur les années 2022-2023 (à vérifier sur les dashboards Solana Beach / SolScan le jour de lecture). – Concentration validateur historiquement supérieure à Ethereum, sujet sensible pour les profils décentralisation-first. – Profondeur DeFi institutionnelle plus modeste, données précises non communiquées dans nos sources.
Vs la concurrence : et les autres L1 ?
Ethereum et Solana ne sont pas seuls sur le marché L1. Voici un cadrage rapide :
| Critère | Ethereum | Solana | BNB Chain | Avalanche C-Chain |
|---|---|---|---|---|
| Modèle | PoS, ePBS en chantier | PoH + PoS | PoSA | PoS multi-chain |
| Profondeur DeFi | très élevée | élevée | élevée (CEX-aligned) | moyenne |
| Frais utilisateur | élevés mainnet, faibles L2 | très faibles | faibles | faibles |
| Décentralisation validateur | élevée | discutée | faible | moyenne |
| Note Léa (qualitative) | 8,5 / 10 | 8,3 / 10 | 7,2 / 10 | 7,5 / 10 |
Le débat L1 ne se résume pas à « Solana vs Ethereum ». Pour un utilisateur français en 2026, le vrai choix se joue toutefois souvent entre Ethereum (+ son écosystème L2) et Solana, parce que ce sont les deux écosystèmes les mieux représentés côté wallets, on-ramps fiat et dApps grand public. BNB Chain reste très active mais reste perçue comme CEX-aligned ; Avalanche conserve une niche subnets/enterprise plus que retail.
Verdict : note finale et pour qui ?
Ma note finale : Ethereum 8,5/10, Solana 8,3/10. Les deux réseaux remplissent leur promesse, mais sur des terrains différents. Ethereum capitalise sur sa profondeur DeFi et une roadmap 2026 ambitieuse — gas limit qui grimpe, parallélisation des transactions via BAL, séparation proposer/builder via ePBS. Solana capitalise sur l’UX consumer et le débit, avec un écosystème grand public plus immédiat. La roadmap Ethereum décrit 2026 comme « l’année de la souveraineté retrouvée » : c’est un slogan, pas un fait, mais il décrit assez bien la direction technique — moins de dépendances externes type MEV-Boost, plus de capacité native côté L1.
Pour qui ?
FAQ
Qu’est-ce que l’ePBS et pourquoi est-ce important ?
L’ePBS, ou « enshrined Proposer-Builder Separation », est une évolution qui intègre directement dans le protocole Ethereum la séparation entre les proposeurs de blocs et leurs constructeurs. Aujourd’hui, environ 90 % des blocs passent par MEV-Boost, un mécanisme externe qui introduit des risques de centralisation et de confiance. L’ePBS vise à réduire cette dépendance en internalisant la fonction au niveau du protocole lui-même, ce qui devrait améliorer la décentralisation effective du réseau.
Quels sont les avantages de l’augmentation du gas limit pour les utilisateurs ?
Un gas limit plus élevé signifie que chaque bloc peut contenir davantage de transactions. La trajectoire annoncée — 80 millions, puis 100 millions, jusqu’à potentiellement 180 millions d’ici fin 2026 — devrait absorber plus de volume au niveau du Layer 1 et réduire les épisodes de saturation. Combinée aux Block-level Access Lists, qui parallélisent 60 à 80 % des transactions et apportent un gain de synchronisation estimé à 30 %, la marge réseau augmente. La contrepartie : davantage de données par bloc, exigence matériel validateur plus élevée.
Comment choisir entre Solana et Ethereum en 2026 ?
Le choix dépend de l’usage. Ethereum est plus adapté aux positions DeFi sérieuses, au staking institutionnel et aux protocoles RWA, grâce à la profondeur de marché et à la roadmap 2026 (gas limit, BAL, ePBS). Solana est plus adapté aux usages consumer : trading actif petits tickets, gaming, NFT, mobile. Les deux peuvent coexister dans un même portefeuille selon les besoins, et il n’est pas nécessaire de choisir un camp pour pratiquer la crypto sereinement.
